Les voyages en train

Les voyages en train, c’est quelque chose qui me manque.
J’ai pas toujours choisi ma destination. Parce que le travaille oblige. J’ai pas non plus choisi qui serait dans le wagon. Prononcé à la belge, avec un “W”.

Mais ils sont là, tous. Cet enfant qui se rend à l’école, et qui ne connait personne. Et regarde ses pieds, ne trouvant pas le courage d’affronter sa curiosité d’explorer le monde autour de lui. J’étais comme lui à son age

A coté de lui, coté fenêtre, une fille à la vingtaine, des écouteurs dans les oreilles, écoute passionnément le dernier titre de son artiste préféré. Celui qui mystérieusement lui rappelle la personne qui lui est chère, dans cette période de sa vie. Elle regarde par la fenêtre, l’obscurité de la nuit en ce tôt matin d’avant cours d’un mois d’hiver. Elle a chimie en première heure, avec un test sur la matière du mois qui vient de passer. Mais tout ce qu’elle voit sont les arbres qui défilent un à un à toute allure. Quand je ne les observent pas, eux tous. Je fais comme elle. Et parfois remarque celui là, qui a des branches comme ça, ou comme ça. Ou cette brouette, qui n’était pas là ce matin, dans le jardin quand on a passé le pont.

En face, une femme regarde son téléphone. L’heure n’a pas beaucoup changé depuis deux minutes. Mais elle continue d’espérer. Le dernier message reçu vient de son père, qui lui confirme qu’il se rendra bien à la dialyse. Qu’il est désolé d’avoir fait tout se foin.

Adossé, et de l’autre coté, deux garçons discutent de leur sortie du weekend. L’un est allé avec sa copine à la mer. Il faisait froid, mais elle était belle et c’est tout ce qui compte. Aucun regret et moi je l’envie.

L’autre à joué au dernier Assassin’s Creed, une vraie tuerie. Mais c’est vrai que c’est un peu répétitif. Et je le comprends, j’ai pas encore fini le troisième, ni n’ai pris le temps de m’intéresser au contenue additionnel.

Personne ne s’est assis en face d’eux. Ils occupent tout l’espace avec leur sacs et leur attitude. Enfin, jusqu’à cet arrêt où cet homme est monté, s’est assis. Après avoir déposé sa canne, il a ouvert son sac, et a commencé à lire son livre. Ce n’est pas le premier, ni le dernier. D’ailleurs il va certainement devoir bientôt acheter une nouvelle bibliothèque. Les siennes commencent à débordent. Son livre parle d’un autre monde. Avec des dragons, je n’ai pas retenu le titre, mais lui avait l’air passionné. J’étais envieux.

De l’autre coté se trouve une fille, qui discute avec ses deux amies. Elle ne sait pas ce qu’elle va faire le weekend prochain. Elle veut vraiment prendre son courage à deux main et commencer des études pour devenir scénariste, mais elle a peur de ne pas être assez compétente. Sa mère ne lui permettrait pas. Elle devrait plutôt chercher un travail, et prendre sa vie en main, lui a-t-elle dit.Ses copines l’encourage à suivre son cœur. Et bien qu’elle ne comprends pas pourquoi sa mère ne l’encourage pas à se réaliser, essayer ce qu’elle rêve de faire. Elle sait déjà où elle va postuler, et quelle école elle ne fréquentera pas. J’aimerais être là, et lui dire, fait pas ça.

Ses amies. L’une brune, avec de jolies joues un tantinet gonflées, et des yeux à tomber. Plus rayonnante que ce qu’elle imagine. Elle, elle étudie l’art. Peint un peu, même si elle n’aime pas faire que ça. Je ne la connais pas, la désire déjà. J’imagine nos enfants, ce qu’on leur apprend. On a vécu ensemble, jusqu’à ce qu’elle parlent de son copain. Après quoi je l’ai imaginée heureuse, et moi l’envie de ne pas m’imposer dans sa vie. Même si j’en mourrais d’envie.

L’autre, elle était rousse. Avec des boucles, avec des tâches. Le nez pointu, les lèvres hautes. Elle sautait du haut d’un rocher, et tombais dans mes bras. On avait couru toute la matinée. A qui fatiguerait le premier. Elle rigolait à penser que j’avais pu être charmé, par ses yeux, par son nez, et son incroyable talent d’être elle même, aujourd’hui et hier. Puis elle a parlé de Cédric, qui l’avait embrassé sur la joue, et elle ne savait que faire. Et moi sur le coté, par la fenêtre, je lui souhaitais le plus beau des bonheur, avec Cédric ou quiconque, d’ailleurs.

Les nuages étaient bas. On ne voyait bien que ça. A part bien sur les arbres, que Julie regardait attentivement. En écoutant ce morceau si cher.
Mathias, après avoir longuement regardé ses chaussures, leva la tête, et dirigea en ma direction, ses yeux marrons et son indiscrétion.

Ces gens, je les ais tous jugés, j’ai pas de bonne raisons, j’ai juste suivi mes pensées. Ces filles je les ai toutes aimées, le temps d’un songe, d’un rêve. Si par chance j’en trouvais une qui souhaitait m’adresser la parole, je serais enjoué, enthousiaste. Je me souviendrais de nos voyages, de nos premiers baisers, de ce soir où on a décidé d’avoir notre premier enfant. Et de ces années passées à encore s’apprivoiser. Moi sa confiance, elle ma liberté. Je ne saurais quoi lui dire. Un bonjour, une blague, pour son sourire. Et puis elle me dirait, entre sa fac de droit, et son histoire de bras cassé en vacances l’été dernier. Qu’elle sort avec Timothé, il beau, et grand, et plein de curiosités. Je me retrouverais, à nouveau, face à ma solitude. Incapable de faire face à cette fille, pleine de charme, pleine de vie. Incapable de voir en elle une future amie après la vie qu’on avait vécu ensemble dans mes rêves, bien qu’elle soit toute Elle, j’aurais perdu l’envie, malgré moi. Je ne sais pas pourquoi, et alors je doute. Était-ce pour son corps ? Était-ce pour le miens ? Puis finalement je me souviens, je suis tombé amoureux de son regard, de ses mots , pas de son lit, ni du miens. C’était notre premier rendez vous, je suis perdu, qu’en pensez vous ?

Moi je savais pas, je t’avais juste vu dans le train. T’étais souriante, avec l’air sure de toi. Je t’avais demandé l’heure, puis ton prénom. Car le contrôleur était passé, il avait douté de la validité de mon ticket, remettant en cause mon age du à ma barbe. Ça t’avais fait rire. Moi j’avais du sortir ma carte d’identité. T’avais l’air d’être sympathique, et une belle opportunité. D’avoir une belle histoire, jusqu’à l’éternité.

Désolé, j’ai l’impression de t’avoir importuné, tu ne réponds pas à mes attentes. Et moi au tiennes. Tu cherchais un ami, et moi une fille. Autant se quitter tout de suite. Maladroit que je suis, sans te laisser le temps de comprendre, tu m’oublieras vite, et moi, j’ai j’aurai juste pris la fuite.

Aujourd’hui j’ai une voiture. Je ne les vois plus que de loin, toutes ses histoires. Toutes ces personnes, mais quand je croise une fille, je ne peux m’empêcher d’imaginer, toutes les possibilités.

Alors les voyages en train, aussi long qu’ils furent, cruellement me manquent. Et toi, tu te rappelles que d’un garçon, qui comme tous tes autres, était juste con.

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