barthelemyledragon:

Il y a quelques années, peut-être quelques mois encore, j’étais misanthrope. Je n’aimais pas les gens. Ils m’insupportaient en permanence. Je les qualifiais d’intéressants, de banals. Je les trouvais bêtes et incultes la plupart du temps. Et puis des fois, je me disais que j’étais aussi nulle qu’eux, aussi stupide, aussi vide qu’eux. 

Puis finalement j’ai réalisé que j’avais peur d’eux. Que j’avais peur de ce qu’ils pouvaient bien penser de moi. Et c’est là que j’ai compris que je mentais à moi-même quand j’expliquais ma solitude par la phrase simple et tranchante “j’aime pas les gens”. 

Vous savez quoi ? J’aime les gens. J’aime tellement les gens que ça me terrifie d’aller vers eux. Parce que je veux les impressionner voyez-vous ? Je veux leur plaire. Je veux qu’ils s’intéressent à moi. Je veux compter pour eux. Je veux avoir une place parmi eux. 

Et puis, en m’ouvrant aux autres, j’ai pris conscience que chacun, à sa façon de voir la vie, à sa façon de vivre, à sa façon de tirer des leçons de ses expériences, était un petit bout de poème. Parfois, presque miraculeusement, quand j’observe quelqu’un, quand je regarde quelqu’un, parmi un groupe d’amis raconter mille choses, ou même quand je regarde quelqu’un rigoler tout seul dans le bus, je le trouve vraiment beau. 

Et c’est si simple mais chacun à quelque chose de magnifique en lui. Même ton connard de voisin qui vient tambouriner à ta porte parce que tu fais trop de bruit, il est beau quand à sept heures du matin, en peignoir, il va chercher sa baguette de pain. Et cette fille de ta classe, insupportable parce qu’elle pose en permanence des questions au prof, elle est belle quand ses mimiques d’incompréhension se transforme en sourire. Et ton patron qui t’emmerde en permanence pour un oui ou pour un nom, il est beau quand, pris d’un élan de bonne humeur, il se met à chantonner dans les couloirs. Et ta prof qui ne peut pas te saquer, elle est belle quand, au bout du rouleau face à sa classe, elle retient ses larmes de couler. Et puis ce pote qui fait la blague de trop en permanence, il est si beau quand il rit à gorge déployée. Et cet enfant qui pleure depuis une heure dans la salle d’attente, son sourire est si beau lorsqu’enfin sa mère lui tend son doudou qu’elle vient de retrouver. 

Les gens sont beaux. On est juste aveuglé par notre routine morne où on attend que quelque chose d’exceptionnelle se passe pour enfin nous sortir de notre train train quotidien. Mais l’exceptionnel c’est ces grains de poésie et de folie qu’il y a en chacun de nous, qui nous crèvent les yeux en permanence et pourtant qu’on ne voit pas. 

Je sais pas vraiment comment conclure ce flot de pensée en vrac, mais, émerveillez vous de tout, de chaque détail auquel personne ne fait attention. La beauté, la poésie, l’art, ce sont les gens. 

Je ne suis pas passé par un “Je n’aime pas les gens”. Mais je partage la suite de ton observation.

Observateur de vie passionné.

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