Pressé, et moi ?

Un tempête se lève.
La lumière se fait rare.
Le ciel est grisâtre et noirci petit à petit
Le paysage est petit, comme encagé.

Emmuré au bout du monde, mon monde, je m’efforce de pagayer pour ne pas laisser tomber ma barque dans l’abysse qui entoure mes océans théoriques, connaissances physiques.
Mon cœur en tambour, mon ventre en cornemuse, il souffle ses dernières notes, graves.

La scène se rejoue, se laissant infiniment conclure, amère.
Mon ventre se resserre. Je suis fatigué, j’ai envie de pleurer.

C’était juste un pauvre gars pressé, devant le quel j’ai patienté, pour laisser passer à droite, la priorité. Derrière, n’en pouvant plus, il a klaxonné.
Plus loin comme vengeance, simple stupidité, j’ai à nouveau freiné, pour une autre priorité, me suivant de trop près, pressé, d’urgence, il a freiné, dans un village à cinquante.
Encore il a klaxonné. J’étais presque désolé. Presque..?

Il s’est passé quelques kilomètres. On a passé un feu rouge puis on est arrivé sur une route à nonante. Le gars devant moi faisait du cent, et je le suivait, presque tranquille. Mais c’était toujours insuffisant pour le gars pressé, qui dans un soupçon de régularité, nous à tous deux dépassés. Cette fois, sans klaxonner.

J’espère qu’il est pas trop frustré. Que demain il tombera sur une route vide, sans personne pour l’empêcher de rouler. A son rythme, vélo ou fusée.

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