6 lignes – Jour 59

amorcepour6lignes:

Il ne broncha pas.

Il ne broncha pas. Dans un nuage de poussières, deux hommes entrèrent en piétinant la porte qu’ils venaient d’enfoncer. Lucio, assis à table et dos à l’entrée, ne lâcha pas l’attention portée à son bouillon qu’il avalait à coup de cuiller en bois. C’est quand l’un des deux hommes lui attrapa l’épaule qu’il prit conscience de leur irruption. Dans une série de mouvements, précis, presque dansés, sa lame vint et revint peignant sol et plafond d’un rouge décourageant.

Face à cet art macabre, le second briguant pris la fuite, décidant qu’il ne souhaitait pas être la seconde couche de ce triste rafraîchissement de la pièce. Lucio, quant à lui, se rassit face à son bouillon qu’il avait pris soin de ne pas teinter de sang. S’il comptait bien, il devait avoir une petite heure avant que l’autre homme ne confirme sa présence auprès des siens et appelle du renfort. Après avoir déposé son bol vide et quelques pièces sur la table, il s’en alla.

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