Epée

Serano se réveille. Son demi sommeil semble l’avoir ballotté d’un coté à l’autre du lit. D’ailleurs, sans grand mystère, sa couverture est par terre.

Dehors, le soleil n’est pas encore debout. L’air est froid et humide. Serano sent bien qu’il ne dormira pas plus et se frotte le visage en signe d’abandon. Il se lève, enfile son pantalon et s’entoure la taille avec une ceinture qui porte son épée. Avant de sortir de la chambre, il attrape la sacoche qu’il transporte depuis sa sortie d’Askadi. Dedans se trouve le parchemin concernant l’alliance entre Llon et Toreigne.

Si on en croit la légende, l’union d’Orune avec Ogémor scelle la fin des conflits entre les deux cités. Jusque là, l’histoire correspond assez bien à celle décrite sur le parchemin. Dans le reste de l’histoire, Orune est trahie par l’un de ces conseillés un peu trop attaché au pouvoir et à l’ancien conflit avec Toreigne. Quand Ogémor apprend la mort d’Orune, il entre dans une rage incontrôlable.

“S’ils veulent la guerre, ils l’auront,” dit-il en envoyant par milliers ses troupes dans le tunnel reliant les deux cités. L’attaque est si fulgurante que le conflit ne dure que quelques heures. Au soir du jour de la mort d’Orune, il ne reste de Llon et de ses habitants qu’un tas de pierres et de sang.

Serano descend l’escalier de l’auberge dans laquelle il a passé la nuit. Ce dernier mène à la salle principale qui comporte une cuisine munie d’un bar et

une salle de service avec des larges tables rondes entourées de chaises. Certaines d’entre elles sont déjà occupées par les habitués. Serano remarque que l’un d’entre eux le regarde avec attention. Comme il ne souhaite pas d’ennuis, il fait mine de rien et continue vers le bar derrière lequel se trouve la patronne qui découpe des pommes.

“Je viens régler ma chambre,” annonce-t-il à la femme en déposant comme convenu la veille, cinq pièces de bronze. “Vous faites une compote ?” demande Serano. La patronne ne répond pas, prends les cinq pièces et se remet à faire ce qu’elle faisait avant qu’il ne l’interrompe. Elle paraît impassible et sans âge, ce qui lui inspire une certaine sérénité.

“Dis moi, c’est une bien belle épée que tu as là,” lance une voix derrière Serano. Ce dernier se retourne et reconnaît l’homme qui l’avait regardé descendre l’escalier.
“Tu me la prête ?”

continue l’homme avec un certain amusant dans la voix.

Serano se dirige vers la porte de l’établissement en prenant soin de passer loin de l’homme.

“Hey, où tu crois que tu vas, petit merdeux ?” crie l’homme qui ne semble pas avoir l’habitude qu’on l’ignore.

C’est alors que l’atmosphère devient électrique, littéralement. Serano sens sur sa peau ses poils se dresser. Il sent que la source de cette aura imposante jailli de la femme sans âge.

Il n’en faut pas plus pour calmer l’homme qui se rassied en serrant des dents. “Tu ne perds rien pour attendre,” pense-t-il à mis mots.

Aussitôt, l’air se délie. Serano profite de cette opportunité pour s’en aller et ferme la porte derrière lui.

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