Le jour où j’ai oublié

La bibliothèque, qui jusque là avait été un refuge pour moi, s’efface peu à peu de ma mémoire. Le hall d’entrée avec son arche ouverte vers l’extérieur face aux première rangées de livres me donne l’impression que le savoir a l’envie de se mouvoir hors de ce lieu. Ces livres soigneusement triés et rangés sur des étagères à perte de vue. Tant vers l’horizon que vers les étoiles dont le plafond, à peine distinguable tant il semble distant, est recouvert en partie.

De ce hall d’entrée démarre une allée centrale. Assez large que pour y circuler en charrette dans les deux sens, elle mène vers une grande salle de lecture. C’est dans cette dernière que je parcours les matières qui m’intéressent, à savoir, l’astronomie, la mythologie et la magie élémentaire. Les ouvrages sont diverses et variés et il est parfois difficile de garder un semblant d’organisation tant leurs nombres tend à grandir au fur et à mesure que j’arpente de nouvelles allées.

Je pourrais ouvrir une nouvelle bibliothèque dans Val Tereigne avec à peine la moitié du nombre de travaux sur l’astronomie que j’ai consulté. Je connais cette matière comme ma poche, et ai cessé depuis longtemps de m’y intéresser. J’apprécie d’ailleurs le clin d’oeil fait à l’étoile du matin au milieu du hall d’entrée et son homologue sur le plafond.

Les essais sur la magie élémentaire sont nombreux mais bien trop lacunaires. D’aucun passés entre mes mains je n’ai pu tirer une information applicable pratiquement. Composés principalement de témoignages accompagnés de poésies et schémas incompréhensibles, je me suis résolu un temps à laisser cette matière de coté pour un temps.

Pour ce qui est de la mythologie, toute les allées aborde le sujet dans au moins un volume d’une manière ou d’une autre. Même les ouvrages sur la magie élémentaire ont pu m’offrir des éclaircissement sur Or, Divin parmi les divins.

Cette bibliothèque abrite une dizaine de moines et à peine plus de novices ce qui remet sensiblement en question la grandeur extravagante de son architecture. Pourtant, le soin et la méticulosité apportés à cette réflexion n’en sont que d’autant plus brillants de justesse quand on sait à quel point chaque espace et chaque temps sont nécessaires à l’avancée ondoyante et individuelle des membres à l’aurore de leur propre Rayonnement.

Aujourd’hui, ce hall d’entrée, cette grande salle de lecture et toutes ces allées et venues des autres apprenants se fondent dans leur conception propre. De ces concepts, ils ne restent plus que l’idée, estompée, lointaine et imperceptible. La flamme du savoir m’a consumé et comme l’encens. Je me diffuse peu à peu, grain après grain, mot après mot. Jusqu’à ce que de moi, il ne reste plus que le souvenir dans la tête de ceux qui ont partagé ma vie, ou plus brièvement croisé ma route.

La chaleur de mon état est indescriptible. Je la vis et en profite.

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