Les voyages dans le temps

Revenir sur les plaines de Vasmnyir avant qu’elles ne soient inondées par le sable et les dunes. Les rivières et les fleuves, véritables veines du royaumes permettent de s’y déplacer au gré du courant, ou à contre sens. Vaemar, sa citadelle, ses alentours peuplés consciencieusement alternent entre maisonnettes et champs de culture. A cette saison, on peut y observer une couverture dorée reflétant la richesse la plus fertile de cette partie du continent.

Les nombreuses guerres ravageant les frontières ? La vie des habitants de cette partie du royaume se fait sans jamais en entendre parler. Ils se sont battu au front pour gagner leur parcelle et maintenant ne pense plus qu’à celle ci. Ne vivent que pour leur sérénité et feraient tout pour la garder intacte.

Les yeux rivés vers le lointain, le magicien voyage silencieusement à travers ses souvenirs.

“Tu vois Antonin, quand je regarde ces dunes de sable, je ne peux m’empêcher de rêver de l’ancien monde et de ses habitants,” dit Serano.

Son vieil ami au chapeau garde les yeux sur l’horizon un temps avant de lui répondre.
“Je regrette les plaines, les rivières, la couleur des champs. En revanche, l’ancien monde et ses habitants ne me manque nullement. Sans être insensible à leur sort, ce grand désert reflète à merveille la richesse de leur dévouement.”

Les voyages dans le temps

Nouvelle scène à découvrir en texte et en image.

Revenir sur les plaines de Vasmnyir avant qu’elles ne soient inondées par le sable et les dunes. Les rivières et les fleuves, véritables veines du royaumes permettent de s’y déplacer au gré du courant, ou à contre sens. Vaemar, sa citadelle, ses alentours peuplés consciencieusement alternent entre maisonnettes et champs de culture. A cette saison, on peut y observer une couverture dorée reflétant…

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Poème

“Épée à la main
Danse au présent

Un courant ascendant
Garde fraîche la cour du temps

La justice ancrée dans la matière
Elle se compte par trois

Bercé par l’agitation
Il crie parfois”

Je trouve prodigieux cette façon qu’ils ont d’écrire et dessiner des choses aussi farfelue les unes que les autres sans jamais se fatiguer. C’est le cinquantième que je trouve de cet auteur, et le sens est encore bien manquant. Je suis pourtant convaincu qu’une clé est dissimulée quelque part.

Le jour où j’ai oublié

La bibliothèque, qui jusque là avait été un refuge pour moi, s’efface peu à peu de ma mémoire. Le hall d’entrée avec son arche ouverte vers l’extérieur face aux première rangées de livres me donne l’impression que le savoir a l’envie de se mouvoir hors de ce lieu. Ces livres soigneusement triés et rangés sur des étagères à perte de vue. Tant vers l’horizon que vers les étoiles dont le plafond, à peine distinguable tant il semble distant, est recouvert en partie.

De ce hall d’entrée démarre une allée centrale. Assez large que pour y circuler en charrette dans les deux sens, elle mène vers une grande salle de lecture. C’est dans cette dernière que je parcours les matières qui m’intéressent, à savoir, l’astronomie, la mythologie et la magie élémentaire. Les ouvrages sont diverses et variés et il est parfois difficile de garder un semblant d’organisation tant leurs nombres tend à grandir au fur et à mesure que j’arpente de nouvelles allées.

Je pourrais ouvrir une nouvelle bibliothèque dans Val Tereigne avec à peine la moitié du nombre de travaux sur l’astronomie que j’ai consulté. Je connais cette matière comme ma poche, et ai cessé depuis longtemps de m’y intéresser. J’apprécie d’ailleurs le clin d’oeil fait à l’étoile du matin au milieu du hall d’entrée et son homologue sur le plafond.

Les essais sur la magie élémentaire sont nombreux mais bien trop lacunaires. D’aucun passés entre mes mains je n’ai pu tirer une information applicable pratiquement. Composés principalement de témoignages accompagnés de poésies et schémas incompréhensibles, je me suis résolu un temps à laisser cette matière de coté pour un temps.

Pour ce qui est de la mythologie, toute les allées aborde le sujet dans au moins un volume d’une manière ou d’une autre. Même les ouvrages sur la magie élémentaire ont pu m’offrir des éclaircissement sur Or, Divin parmi les divins.

Cette bibliothèque abrite une dizaine de moines et à peine plus de novices ce qui remet sensiblement en question la grandeur extravagante de son architecture. Pourtant, le soin et la méticulosité apportés à cette réflexion n’en sont que d’autant plus brillants de justesse quand on sait à quel point chaque espace et chaque temps sont nécessaires à l’avancée ondoyante et individuelle des membres à l’aurore de leur propre Rayonnement.

Aujourd’hui, ce hall d’entrée, cette grande salle de lecture et toutes ces allées et venues des autres apprenants se fondent dans leur conception propre. De ces concepts, ils ne restent plus que l’idée, estompée, lointaine et imperceptible. La flamme du savoir m’a consumé et comme l’encens. Je me diffuse peu à peu, grain après grain, mot après mot. Jusqu’à ce que de moi, il ne reste plus que le souvenir dans la tête de ceux qui ont partagé ma vie, ou plus brièvement croisé ma route.

La chaleur de mon état est indescriptible. Je la vis et en profite.

Poème

Nouveau poème pour illustrer les nombreux essais sur la magie disponible au sanctuaire.

“Épée à la mainDanse au présent

Un courant ascendantGarde fraîche la cour du temps

La justice ancrée dans la matièreElle se compte par trois

Bercé par l’agitationIl crie parfois”

Je trouve prodigieux cette façon qu’ils ont d’écrire et dessiner des choses aussi farfelue les unes que les autres sans jamais se fatiguer. C’est le cinquantième que je trouve de cet auteur, et le sens est encore…

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Le jour où j’ai oublié

Nouvelle histoire sur mon blog pour 30jourpourécrire, bonne lecture =)

La bibliothèque, qui jusque là avait été un refuge pour moi, s’efface peu à peu de ma mémoire. Le hall d’entrée avec son arche ouverte vers l’extérieur face aux première rangées de livres me donne l’impression que le savoir a l’envie de se mouvoir hors de ce lieu. Ces livres soigneusement triés et rangés sur des étagères à perte de vue. Tant vers l’horizon que vers les étoiles dont le plafond, à…

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Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’ai senti la chaleureuse douceur de ses lèvres dans le cou et en ouvrant les yeux, j’étais seule dans le lit.

La couleur de ses yeux était brouillée dans l’artifice qu’était le bal de mes pensées. Organisé par mon sommeil et illustré par la nuit, je n’avais pas la moindre idée quant à son ambition. Le volume de ses cheveux ondulés courait sous mes doigt comme les légions d’Ogémor sur Llon, sans jamais faiblir. J’ai gardé de ces mains un souvenir. Celui de la descente contre mon ventre, soudaine et vive comme un barrage qui cède en plusieurs vagues.

Une cascade, l’eau qui frémis, la pression sous sa force incontrôlée, j’ai cherché à me défendre un temps. Ma respiration s’est coupée, puis j’ai compris. Le succès m’étais offert sans regard sur la stratégie. J’ai ouvert la bouche pour reprendre le cours de ma existence. Exténuée par cette jouissance à laquelle je n’avais participé qu’en présence, je regardais ma poitrine sur laquelle sa tête se reposais désormais.

Puis, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’ai senti la chaleureuse douceur de ses lèvres dans le cou et en ouvrant les yeux, j’étais seule dans le lit. Laissant mon ventre vulnérable à l’assaut du souvenir de cette nuit, un cataplasme insaisissable de tendresse gourmande m’a pris la gorge et ne me quitte plus.

“Il est temps que tu te dévoiles. Le ruban sur tes yeux ne t’a protégé que trop peu. Tes pieds sont pris dans un filet de ta propre confection duquel il t’est aujourd’hui impossible de te défaire. Les liens sont solides entre tes mains qui ne touchent plus la terre depuis plusieurs saisons déjà. La nuit sur tes pensées t’a dérobé de toute lumière. Le jour n’a plus sur toi que l’effet de l’alcool avec lequel tu arroses ta peine. Peine qui s’allonge à chaque inspiration que tu acceptes à contre cœur.

Je ne souhaite pas que l’on dise de toi que tu n’aies pas voulu te battre, pour plus d’équité, pour le partage. Les ressources dont j’ai pu jouir auront été le fruit d’un travail que nulle autre que toi osait fournir. Qui de ces hauts cols aux mains larges et grasses auraient pu de moitié égaler ta tâche. Je n’ai que le regret de ne pas avoir pu en envoyer plus visiter leurs ancêtres pour un séjour sans détour, et surtout sans retour.

Mon temps est écoulé, et ton œuvre s’achève avec la dernière cible. Il s’assied sur son peuple comme sur une chaise en bois noble. Qu’importe son essence tant qu’elle lui sert. Fidèle assise, jusqu’à le chauffer l’hiver s’il manque de bois. Celui ci sera son dernier.

O.”

Passage d’une lettre destinée à Andramo, quelque jour avant son arrestation.

Même saoul, allongé contre le siège de son pouvoir, Andramo conserve l’autorité sur son visage qu’il ne manque pas de garder droit. Son corps, lui, épouse maladroitement le bois sculpté du flanc droit du trône. Devant celui ci, gisant dans un miroir pourpre, l’homme qui aurait pu être son père reflète ses derniers instants.

La transparence/Nocturne

L’obscurité de la nuit donne à Antonin la place nécessaire pour exercer son art sans être dérangé. L’affluence dans Val Tereigne de ceux qui cherchent à louer ses talents ne cesse de croître, tout comme sa notoriété et cela malgré lui. Grâce à de nombreux stratagèmes, il s’était rendu indisponible à ceux qui le cherchaient. Puisque sa boutique changeait chaque jour d’emplacement, il s’était retrouvé avec le surnom de Mirage de Val Tereigne. Surnom auquel il ne prête aucune sorte d’importance. Ils peuvent bien l’appeler l’enchanteur du Grand Barrage, le descendant d’Or ou encore l’horreur des Pieds d’Argrimor, pour lui, l’important, c’est d’explorer la voie mystique et spirituelle de ce monde sous tous ses aspects.

Ce soir, il s’est éloigné de Val Tereigne pour retrouver la forêt de Rongrim, une véritable frontière végétale marquée au sud de la cité Etat. Il est dit qu’à cette période de l’année où le soleil se fait de plus en plus rare et le temps de plus en plus humide et froid, l’esprit des morts est bien plus facile à solliciter. Et plus encore si l’on s’enfonce dans cette forêt.

Antonin, maintenant au centre de Rongrim s’assied par terre jambe croisée. Il sort ensuite de son sac un tissus jaune d’or à motifs brodés impeccablement ainsi qu’un jeu de cartes plutôt atypique. Sur chacune d’entre elles se trouve un arbre, une plante, ou un signe naturel comme la mer.
Une fois le tissus installé devant lui et les cartes étalées et mélangées faces cachées par dessus, il ouvre à nouveau son sac. Cette fois, il en sort son journal qu’il pose à gauche des cartes. Il sort aussi un livre épais et usé, L’Ancien Oracle des Arbres.

La couverture de cuir est craquelée et semble au bout de sa vie. D’un geste de main et en tenant le livre dans l’autre, Antonin prononce quelques mots à mis voix. Soudain, jaillit de sa main une lumière intense sans être aveuglante, chaude sans être brûlante qui rapidement s’empare du livre qu’il lâche aussitôt. En l’air, le livre s’ouvre et les pages défilent une à une. La couverture qui étaient craquelée se referme, les pages cornées et rongée par le temps se déplient et se parent d’un blanc soigné. En jetant un coup d’œil rapide, le livre à désormais l’air neuf, néanmoins, c’est sans compter sur le contenu qui lui, sans en connaître le contenu d’origine, ne peut être réparé. Quand la dernière page se tourne, la lumière chaleureuse disparaît et le bouquin retombe dans la main d’Antonin qui le dépose à droite des cartes.

Après une minute de méditation, il passe sa main au dessus du jeu éparpillé devant lui. Elle s’arrête sur une carte qu’il soulève et place devant lui face vers le haut. Un sorbier occupe une grande partie de l’illustration. Sur le bas de la carte, un pentacle pointe vers le haut et symbolise la protection. Antonin attrape le bouquin et commence son étude. Quand il trouve enfin la carte qu’il a face à lui, il y voit que le sorbier représente le contrôle de tous ses sens ainsi que la protection contre les enchantement. C’est la première des trois cartes qu’il va pêcher. Elle représente le passé.

Après avoir passé un temps sur la page du sorbier, il décide de piocher sa deuxième carte. Cette fois, un peuplier blanc se trouve au centre de la carte. D’après le livre, inversée, cette carte parle des peurs qui noient dans le vent la voix intérieure de celui qui interroge l’oracle. Antonin tourne les pages et prends parfois des notes dans son journal.

Vient le moment de tirer la troisième et dernière, celle qui représente le futur. Sur cette carte est dessiné un saule. Quand Antonin trouve enfin la page du saule, son visage se durcit. La page est vierge si ce n’est pour le titre, Saule.

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@30jourspourecrire J’sors du cadre ou du moins du temps impartit, je sais. Je te suis reconnaissant pour l’inspiration !